Muraille de Bugarret : Grand Dièdre de Bugarret D/300m/5b/P4

Le Grand Dièdre de Bugarret est une voie sauvage loin de tout qui remonte la Muraille de Bugarret sur 300m à travers un beau dièdre qui impose vu du bas comme le montre bien le topo qui m’a tout de suite donné envie d’aller voir cette voie peu parcourue.

C’est avec Jordan que je vais la découvrir, seconde sortie avec lui dans le massif du Néouvielle et seconde voie peu parcourue !

Le topo donne 3h d’approche, rien que ça. On part donc sur les coups de 6h15 pour emprunter le long sentier qui longe Cap de Long. Même en connaissant bien le secteur pour l’avoir fait deux fois dans l’année, on réussi à se planter pour prendre l’ancien chemin qui vient plonger dans le Lac … Demi-tour pour remonter par des petits pas d’escalade une cheminée/couloir qui rejoint le sentier, on va dire que c’était la L0 !

Une fois revenu sur un chemin un peu plus roulant, on rejoint le Col Tourrat par les pentes raides qui mènent à la Hourquette de Bugarret. Seconde erreur, au lieu de quitter le chemin qui y mène pour prendre à gauche vers le Col Tourrat, nous montons presque sous la Hourquette.

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Cela nous oblige à rejoindre le Col par une traversée hors sentier. La Muraille commence à se dévoiler ainsi que le Pic Long.

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Une fois au col Tourrat, on peut enfin apercevoir le motif du jour et son caractère clairement austère. Au loin la face Nord du Pic Long est toujours aussi impressionnante. Le névé persistant est bien présent, nous n’avons pas pris les piolets pour rien. On comprends vite que l’on va passer quelques heures dans un véritable frigo qui ne voit jamais le soleil !

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Pour s’économiser le poids des crampons nous ne les avons pas pris. On découvre donc à quoi sert la panne du piolet en taillant des marches à l’ancienne dans la neige béton, c’est physique mais ça marche très bien !

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On franchi la rimaye qui fort heureusement n’est pas trop profonde là ou nous sortons de la neige. Cela n’est pas vraiment le cas au niveau du R0, ce qui nous oblige à faire une escalade scabreuse piolet à la main pour le rejoindre avec le trou béant de la rimaye juste en dessous.

Je me lance dans la première longueur en tête IV+, malgré une relecture du topo avant de partir, j’arrive à me planter et me retrouve dans un passage plutôt de V qui ne se protège pas, petite réchappe en désescalade sur deux friends pour m’en sortir par une traversée un peu expo pour finalement faire un relais sous une cheminée juste avant le seul piton de la voie pour éviter un trop gros tirage.

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Seconde longueur, au tour de Jordan d’y aller, petit passage de IV+ pour sortir de cette cheminée pour continuer sur une dalle couchée peu protégeable mais prisue. Cela nous permet de rejoindre le fameux dièdre.

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Dalle sous le R2

A mon tour de partir dans cette longueur de V en renfougne. Au début je pars directement dans le dièdre par sa gauche mais c’est un peu trop soutenu. Bien sûr le topo disait de partir à droite ce que je fais. Je rejoins ainsi le dièdre par une petit traversée vers la gauche pour rejoindre le dièdre.

Le topo n’a pas menti, c’est de la renfougne, un vrai combat de rue ! Tout le corps est mis à rude épreuve pour se hisser dans l’étroit dièdre. Les prises sont nombreuses mais le rocher pas vraiment sain ce qui fais monter le trouillomètre, heureusement on peut facilement se protéger et impossible de tomber vu que l’on est pratiquement coincé dans la roche. Une fois sorti de ces 10m éprouvant le dièdre se couche et je rejoints tranquillement le relais pas très confortable.

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R2 vue sur la L3 et le passage en rafougne

Jordan fera partir des blocs énormes en grimpant, certains de la taille d’un micro-ondes qui balayent toutes les longueurs et viennent se fracasser au niveau du R0. Le rocher est vraiment médiocre.

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R3

Le relais est tellement confortable que Jordan ne fais pratiquement pas de pause et part directement dans la 4ème longueur. Ça commence fort, il faut passer une étroiture bien raide juste au dessus du relais, la suite est un peu moins soutenue mais ça grimpe bien mais il faut faire très attention au rocher qui a tendance à vouloir partir. De mon côté je m’amuse bien en second et arrive au relais bien cuit de ces deux dernières longueurs assez soutenues

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R4

La 5ème longueur est beaucoup plus simple, on remonte un large couloir dans du IV où je ne pose qu’un seul point et fais relais là où le couloir s’élargit.

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Le couloir de la L5

Jordan me rejoint donc rapidement pour attaquer la dernière longueur dans le dièdre dans du IV+. La aussi ça déroule bien, un point posé pour la forme puis il fait relais sur l’arête sur un gros becquet.

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L6

Je rejoints ensuite Jordan au sommet. Au moment de franchir la dernière « marche » qui me sépare du relais, un énorme rocher à la brillante idée de venir se poser sur ma maléole pour venir tomber dans le dièdre que l’on a monté avec en bruit de fond mes hurlements ! Je gagne un bel ématome sur le pied ce je pense va bien me ralentir pour la descente.

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On suit ensuite le fil de l’arête qui n’en fini pas, nous voulons rejoindre le Pic Maubic pour descendre par sa voie normale. Mais on vient buter sous l’Aiguille Tourrat par un passage en taillante, étant décordés et pas vraiment emballés par ce passage nous trouvons un passage scabreux pour descendre de l’arête et continuer par un infâme pierrier qui nous ramèn longuement sur le sentier.

Retour par le sentier qui longe le Lac, pas de surprise on sait que c’est interminable ! On rejoints le parking après 12h de course très éprouvante, surtout le retour avec un pied douloureux ! Le Garlitz n’est même pas ouvert pour étancher notre soif.

L’escalade du dièdre est très belle avec des passages d’escalades variés qui valent le coup, mais la qualité du rocher n’en fait pas une courses franchement recommandable surtout s’il y a une cordée déjà engagée ce qui m’étonnerait quand même vu la fréquentation.

3 commentaires sur “Muraille de Bugarret : Grand Dièdre de Bugarret D/300m/5b/P4

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    1. Merci beaucoup j’essaye au maximum de retransmettre ce qu’on a vécu durant la course et ne pas trop faire une simple description du topo.

      Oui c’était pas facile, beaucoup plus soutenu que le vent se lève aux Alharisses qu’on a fait ensemble ya un mois. La qualité du rocher n’a pas rendu la tache facile ! Je me souviens encore de la longueur en renfougne ou j’ai du batailler pour m’en sortir !

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  1. Salut, je découvre votre discussion. C’est bien d’aller grimper dans ce coin, c’est si rare. Cette voie a plus de trente ans, 33 exactement. Nous y avions fait deux cordées; une de « vétérans » composée de Jean et Pierre et une de jeunes… à l’époque… Souvenirs émus de cette première avec Jean et Pierre. Surtout que quelques jours avant on avait fait l’Embarradère à l’Ossau. Texte sympa relatant L’ascension de ce grand dièdre de Bugarret dans le livre « Encore un pas »paru aux éditions Cairn en 2011; Il se nomme adoubement…. Tout un programme. Super de perpétuer cette tradition. La Muraille de Bugarret, entre autres murailles du Massif, propose de beaux voyages… Le massif du Néouvielle regorge de courses de ce style, si peu fréquentées. A bientôt. Là-haut.
    Pascal RAVIER

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